
Les agents de la fonction publique se sont absentés en moyenne 11,0 jours pour raison de santé en 2025, contre 10,6 jours pour les salariés du privé, selon le rapport annuel sur l’état de la fonction publique publié le 15 octobre 2026 par la DGAFP. La moyenne est stable sur un an, mais elle cache des écarts nets : 9,0 jours dans la fonction publique de l’État hors enseignants, 12,7 jours dans la territoriale et 14,2 jours dans l’hospitalière, seul versant en hausse.
Ce que mesure le rapport de la DGAFP
Le rapport annuel sur l’état de la fonction publique, édition 2026, consacre un chapitre aux absences pour raison de santé des agents. Les chiffres viennent de l’enquête Emploi de l’Insee, traitée par le service statistique de la DGAFP. Deux indicateurs sont suivis : la part des personnes absentes au moins un jour pendant la semaine de référence de l’enquête, et un nombre moyen de jours d’absence sur l’année, obtenu en multipliant les jours d’absence de la semaine de référence par 52.
Ces absences regroupent la maladie et les accidents du travail. Elles n’incluent ni les congés de maternité ou de paternité, ni, depuis 2021, la garde d’un enfant malade. Le rapport précise que les données à partir de 2021 ne sont pas comparables à celles de 2014 à 2020, en raison de la refonte de l’enquête Emploi.
Public et privé : un écart d’un demi-jour
En 2025, 5 % des agents publics ont déclaré au moins un jour d’absence pour raison de santé pendant la semaine de référence, une proportion similaire à celle des salariés du privé et inchangée par rapport à 2024. Sur l’année, l’écart reste d’un demi-jour : 11,0 jours dans la fonction publique, 10,6 jours dans le privé. Après une baisse de 2,6 jours entre 2022 et 2023, puis de 1,0 jour entre 2023 et 2024, la durée d’absence est désormais stable dans les deux secteurs.
Les profils se ressemblent aussi. Dans la fonction publique, les femmes se sont absentées 12,0 jours en moyenne et les hommes 9,3 jours ; dans le privé, 12,1 et 9,3 jours. La durée augmente avec l’âge : les agents publics de 50 ans ou plus totalisent 14,9 jours, plus du double des moins de 30 ans, et 1,5 jour de plus que leurs homologues du privé. Pour les autres classes d’âge, les agents publics s’absentent moins que les salariés du privé.
| Versant | Jours d’absence en 2025 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Fonction publique de l’État, hors enseignants | 9,0 jours | + 0,4 jour |
| Enseignants | 8,1 jours | – 0,1 jour |
| Fonction publique territoriale | 12,7 jours | – 0,6 jour |
| Fonction publique hospitalière | 14,2 jours | + 1,3 jour |
| Ensemble de la fonction publique | 11,0 jours | stable |
| Salariés du secteur privé | 10,6 jours | stable |
Territoriale et hospitalière restent les plus exposées
La part d’agents absents sur la semaine de référence atteint 6 % dans la territoriale et l’hospitalière, contre 4 % dans la fonction publique de l’État. Le rapport relie en partie cet écart aux métiers exercés dans ces deux versants : contraintes physiques, horaires atypiques, risques psychosociaux. Les femmes s’y sont absentées 13,3 jours dans la territoriale et 14,8 jours dans l’hospitalière. Les agents de 50 ans ou plus atteignent 18,3 jours dans la territoriale et 19,3 jours dans l’hospitalière, contre 10,4 jours dans la fonction publique de l’État hors enseignants.
Les tendances divergent. La territoriale poursuit sa baisse, avec 0,6 jour de moins qu’en 2024. L’hospitalière progresse de 1,3 jour, et la part de ses agents absents augmente aussi légèrement.

Ces chiffres sont déclaratifs et extrapolés d’une semaine de référence. Ils ne se comparent pas directement aux taux d’absentéisme publiés par les assureurs ou les cabinets de conseil, calculés sur des données de paie et avec d’autres définitions. La synthèse du rapport arrondit la durée de l’hospitalière à 14,3 jours ; la vue détaillée, reprise ici, donne 14,2 jours.
Ce que peut faire un employeur public
Un employeur public ne mandate pas un médecin contrôleur comme une entreprise. Il fait examiner l’agent par un médecin agréé, inscrit sur la liste établie par le préfet du département. Les règles de ce contrôle ont été réécrites par le décret n° 2026-705 du 29 juillet 2026, pour les congés qui débutent ou sont prolongés depuis le 1er septembre 2026.
- Faire examiner l’agent à tout moment. L’examen par un médecin agréé est possible pendant tout le congé de maladie, et obligatoire au moins une fois au-delà de six mois consécutifs.
- Distinguer les deux outils. La contre-visite vérifie le bien-fondé médical du congé ; le contrôle de présence au domicile, créé par le même décret, vérifie seulement que l’agent est chez lui quand les sorties ne sont pas autorisées.
- Tracer la convocation. L’interruption de la rémunération suppose un refus établi : l’employeur doit pouvoir prouver que l’agent a été convoqué de façon certaine.
- Cibler les services les plus exposés. Les écarts par versant, par âge et par métier invitent à suivre les absences service par service, plutôt qu’à partir d’une moyenne.
Le détail des textes applicables à chaque versant figure dans notre guide du contrôle de l’arrêt maladie d’un fonctionnaire. Pour un employeur privé, la logique est différente : la contre-visite médicale patronale est liée au complément de salaire. Les repères chiffrés du secteur privé sont rassemblés dans nos chiffres de l’absentéisme en France en 2026, à côté du baromètre WTW 2026.
Source officielle consultée le 20 octobre 2026 : DGAFP, rapport annuel sur l’état de la fonction publique, édition 2026, publié le 15 octobre 2026, chapitre « Temps et organisation du temps de travail dans la fonction publique en 2025 », figures 15 à 20 (enquêtes Emploi de l’Insee, traitement DGAFP-SDessi). Cadre du contrôle des agents publics : décret n° 86-442 du 14 mars 1986, décret n° 87-602 du 30 juillet 1987, décret n° 88-386 du 19 avril 1988 et décret n° 2026-705 du 29 juillet 2026 (Légifrance).
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