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Chiffres absentéisme France 2026 : taux, coûts et causes

Mis à jour le 27 août 2026

En bref

L’absentéisme en France atteint un taux moyen historiquement élevé depuis la sortie du Covid : autour de 6 % du temps de travail théorique selon les baromètres récents (Malakoff Humanis 2024-2025), avec un coût moyen estimé entre 3 500 et 4 700 € par salarié et par an pour l’employeur. Les arrêts longs (≥ 30 jours) représentent une part disproportionnée du coût. Cette page consolide les chiffres clés 2024-2026 et les leviers d’action concrets pour les DRH et dirigeants de PME-ETI.

Le taux d’absentéisme en France : chiffres clés récents

Selon le 11ᵉ Baromètre Absentéisme Malakoff Humanis publié en septembre 2025 (données 2024 sur 3 010 salariés et 1 000 dirigeants), 49 % des salariés du secteur privé ont eu au moins un arrêt de travail dans l’année. La durée moyenne d’arrêt par salarié arrêté s’établit à 22 jours. Le taux d’absentéisme moyen, calculé en jours d’absence rapportés au temps théorique travaillé, oscille selon les sources entre 5,2 % et 6,2 %, ce qui représente un point haut historique dans la décennie.

L’enquête DARES « Conditions de travail et risques psychosociaux » et les statistiques Assurance Maladie sur les indemnités journalières (IJ) confirment cette tendance : le volume d’IJ versées au titre de la maladie a continué de progresser en 2024 par rapport à 2019 (+15 % en valeur), un signal structurel et non un effet ponctuel post-Covid. La Cour des comptes alertait dès septembre 2024 sur le coût croissant pour les finances publiques.

IndicateurValeur récente (2024-2025)Source
Taux d’absentéisme moyen privé5,2 % à 6,2 %Malakoff Humanis 2025, AYMING 2024
Salariés ayant eu ≥ 1 arrêt dans l’année49 %Malakoff Humanis 2025
Durée moyenne d’arrêt par salarié arrêté22 joursMalakoff Humanis 2025
Coût direct moyen par salarié et par an3 500 à 4 700 €AYMING, Institut Sapiens
Volume IJ maladie versées (Assurance Maladie)~ 12 Md€ en 2023Cour des comptes, sept. 2024
Part des arrêts longs (≥ 30 jours)~ 34 % des arrêts, mais > 70 % des joursMalakoff Humanis 2025
Salariés en télétravail dans les arrêtsPart stable en 2024-2025DARES 2024
Synthèse des indicateurs clés de l’absentéisme privé en France, données les plus récentes consolidées au S1 2026.

⚠️ Précision méthodologique

Les chiffres varient selon la méthode de calcul (jours calendaires vs ouvrés, périmètre maladie + AT-MP vs maladie seule, etc.) et le périmètre étudié (TPE vs grandes entreprises). Toujours préciser la source et la définition retenue avant tout pilotage interne. Les données « France 2026 » au sens strict sortiront en S2 2026 dans le 12ᵉ baromètre Malakoff Humanis et le rapport DARES.

Top causes des arrêts maladie en France

Les motifs déclarés varient selon les enquêtes (déclaratives ou administratives). On retient toutefois cinq grandes familles de causes qui structurent l’absentéisme français :

CausePoids approximatifTendance
Troubles musculo-squelettiques (TMS)~ 30 % des arrêtsStable, premier motif depuis 15 ans
Risques psychosociaux (RPS) : burn-out, anxiété, dépression~ 20-25 %↗ Forte hausse post-2020
Maladies infectieuses (grippe, gastro, Covid)~ 15-18 %↗ Variable selon saisons
Affections de longue durée (ALD)~ 10-12 %↗ Liée au vieillissement
Accidents du travail / trajet~ 8-10 %Stable
Répartition indicative des causes d’absentéisme – sources Malakoff Humanis 2024-2025 et Assurance Maladie.

La montée des RPS est le signal fort des cinq dernières années : le baromètre Malakoff Humanis 2025 fait état d’une part de 19 % de salariés signalant un mal-être au travail, contre 12 % avant 2020. La reconnaissance du burn-out au titre des risques professionnels reste juridiquement indirecte (article L.461-1 du Code de la sécurité sociale, recours au CRRMP), mais sa prise en charge clinique progresse. Sources : notre guide burn-out, INRS, ANI 2008 sur le stress au travail.

Évolution 2019-2025 : la rupture post-Covid

Avant la crise sanitaire, le taux d’absentéisme oscillait autour de 4,5 %. La rupture s’opère en 2020-2021. Au lieu de revenir à son niveau d’avant-crise, le taux s’est stabilisé au-dessus de 5,5 % à partir de 2022, signe d’un changement structurel : usure professionnelle, vieillissement de la population active, RPS persistants, recomposition du contrat psychologique au travail.

AnnéeTaux d’absentéisme moyen privé (estimé)Contexte
2019~ 4,5 %Référence pré-Covid
2020~ 6,5 %Pic Covid + arrêts dérogatoires
2021~ 5,8 %Vagues Covid successives
2022~ 5,6 %Sortie de crise, RPS persistants
2023~ 5,9 %Réforme retraites, tensions sociales
2024~ 5,2 % à 6,2 %Plateau haut, hausse IJ longue durée
2025 (estim.)~ 5,5 % à 6,0 %Stabilisation, focus PSE et QVCT
Évolution annuelle du taux d’absentéisme du secteur privé français, sources consolidées Malakoff Humanis, AYMING, DARES.

Combien coûte l’absentéisme à un employeur ?

Le coût total de l’absentéisme se répartit en coûts directs (complément de salaire conventionnel, charges associées) et coûts indirects (perte de production, intérim ou heures supplémentaires de remplacement, désorganisation, perte de chiffre d’affaires). Les coûts indirects sont, selon l’Institut Sapiens et AYMING, généralement 2 à 3 fois plus élevés que les coûts directs.

Poste de coûtEstimation par salarié arrêté / anDétail
Complément de salaire conventionnel1 000 à 2 200 €Loi de mensualisation + convention collective
Charges sociales associées400 à 900 €~ 42 % du brut maintenu
Remplacement (intérim, CDD, heures supp)1 500 à 3 500 €Selon poste et durée d’arrêt
Perte de productivité résiduelle500 à 1 200 €Désorganisation équipe, formation remplaçant
Coût total moyen3 500 à 4 700 €Toutes sources confondues
Décomposition du coût moyen d’un salarié arrêté pour un employeur français. Estimations sur la base d’un salaire brut médian.

Pour une PME de 50 salariés avec un taux d’absentéisme de 6 %, le coût annuel global peut donc atteindre 100 000 € à 140 000 €. Pour le détail du coût d’un contrôle de contre-visite et son ROI, voir notre page dédiée Coût d’un contrôle d’arrêt maladie : tarifs 2026 et ROI.

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La contre-visite médicale est un des leviers les plus rapides pour reprendre la main, surtout sur les arrêts répétés ou suspects. Notre équipe vous oriente sous 48 h ouvrées.

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Quels leviers d’action pour les DRH et dirigeants ?

Les leviers se déploient sur trois horizons : court terme (réagir aux arrêts en cours), moyen terme (corriger les facteurs RH et organisationnels), long terme (prévention primaire QVCT et culture managériale).

⚡ Court terme

  • Contre-visite médicale sur arrêts suspects (cf. 7 signaux d’alerte)
  • Suspension du complément en cas d’arrêt non justifié
  • Procédure de relance et recadrage
  • Suivi RH des absents longue durée (téléphone, mail bienveillant)

🎯 Moyen terme

  • Diagnostic absentéisme par service / âge / ancienneté
  • Plan d’action ciblé sur les services les plus touchés
  • Politique d’évaluation et entretien retour
  • Aménagement du temps de travail et télétravail encadré
  • DUERP et fiche pénibilité à jour

🌱 Long terme

  • Démarche QVCT structurée (accord ou plan d’action)
  • Formation managers à la détection RPS
  • Politique de prévention TMS (postes, équipements, gestes)
  • Médecine du travail et SST proactifs
  • Culture du dialogue et reconnaissance

💡 À retenir

Aucun levier ne fonctionne isolé. Les entreprises qui réduisent durablement leur absentéisme combinent une réaction ferme aux arrêts injustifiés (contre-visite, recadrage), un diagnostic RH précis et un investissement long terme en QVCT. Les baromètres Malakoff Humanis 2024-2025 montrent une corrélation directe entre maturité QVCT et taux d’absentéisme inférieur à la médiane sectorielle.

Absentéisme par secteur d’activité : les écarts sont massifs

Le taux moyen national masque des disparités sectorielles considérables. Selon le baromètre AYMING 2024 et les données Assurance Maladie, les secteurs à forte pénibilité physique ou à contact avec le public présentent des taux deux à trois fois supérieurs à ceux du tertiaire de bureau.

SecteurTaux d’absentéisme estimé 2024Causes dominantesSignal RH prioritaire
BTP / Construction8,5 % à 10 %TMS, AT-MP, travail en extérieurPénibilité + sous-déclaration AT
Hôtellerie-Restauration7,5 % à 9,5 %TMS, burn-out, horaires atypiquesTurn-over élevé + absentéisme de confort
Santé / Action sociale (hôpitaux, EHPAD)7 % à 10 %RPS, TMS, charge émotionnelleSyndrome post-Covid soignants, tension statutaire
Commerce de détail / Grande distribution6 % à 8 %TMS, stress caissières, horaires décalésAbsentéisme jeunes actifs + temps partiels
Industrie / Logistique5,5 % à 7,5 %TMS, AT-MP, 3×8Vieillissement opérateurs, postures répétitives
Tertiaire (bureaux, services financiers, IT)3,5 % à 5 %RPS, télétravail, TMS sédentairesBurn-out silencieux, présentéisme masqué
Administration publique9 % à 12 %Maintien de salaire 100 %, statut, TMSArrêts courts répétés + longue durée
Taux d’absentéisme estimés par secteur en 2024 – sources AYMING Baromètre 2024, Malakoff Humanis 2025, DARES.

📊 Pour un DRH

Votre taux d’absentéisme ne prend de sens que comparé à votre secteur. Un taux de 5,5 % est alarmant pour une société de conseil informatique, mais dans la moyenne pour une industrie manufacturière. Le baromètre AYMING met à disposition chaque année des benchmarks sectoriels gratuits — à télécharger sur leur site pour votre référencement interne.

Absentéisme par taille d’entreprise : les PME surexposées

La taille de l’entreprise influence fortement le taux d’absentéisme. Les petites structures souffrent d’un double effet : faible capacité d’absorption (un absent dans une équipe de 5 pèse plus que dans une équipe de 50) et moindres ressources RH préventives. À l’inverse, les grandes entreprises ont plus de moyens mais concentrent parfois des tensions sociales plus fortes.

Taille d’entrepriseTaux moyen estimé 2024Particularités
TPE (moins de 10 salariés)3 % à 4,5 %Impact financier disproportionné / pas de service RH / souvent famille
PE (10 à 49 salariés)4,5 % à 6 %Solidarité équipe atténuante, mais CCN parfois défavorables
PME (50 à 249 salariés)5,5 % à 7 %Zone rouge : obligations légales maximes sans grande structure RH
ETI (250 à 4 999 salariés)5 % à 6,5 %Commence à avoir les outils (DRH, médecine du travail structurée)
Grande entreprise (5 000+)5 % à 8 %Effets syndicaux, conventions plus généreuses, mais suivi RH plus fort
Taux d’absentéisme par taille d’entreprise en France (données 2024) — Malakoff Humanis, AYMING, Institut Sapiens.

La tranche 50-249 salariés est paradoxalement la plus exposée : les obligations légales (délégués du personnel, CSSCT, accord QVT possible) sont pleinement applicables, mais les moyens restent ceux d’une PME. Le délai de carence de 3 jours joue peu dans ce contexte si la convention collective le supprime. C’est souvent ici que la contre-visite médicale apporte le ROI le plus rapide, car chaque arrêt long représente une désorganisation significative.

Absentéisme par tranche d’âge : le paradoxe des seniors

Les statistiques Assurance Maladie et les baromètres RH révèlent un paradoxe apparent : les jeunes salariés (18-35 ans) ont plus d’arrêts courts (fréquence), tandis que les seniors (50-64 ans) concentrent les arrêts longs (durée). Le coût global est plus élevé pour les seniors malgré une fréquence moindre.

Tranche d’âgeFréquence arrêtsDurée moyenneProfil type
18-35 ansÉlevée (arrêts courts)5 à 10 joursGrippe, gastro, maternité, présentéisme non assumé
36-49 ansModérée15 à 25 joursTMS débutants, RPS, charge parentale
50-59 ansFaible mais croissante35 à 60 joursTMS sévères, ALD, fatigue professionnelle
60-64 ansFaible60 à 90+ joursALD, maladies chroniques, pré-retraite de fait
Profil des arrêts par tranche d’âge – Sources : Assurance Maladie 2024, DARES « Santé au travail ».

Le vieillissement de la population active (l’âge moyen de départ à la retraite s’est élevé depuis la réforme 2023) va mécaniquement augmenter la durée moyenne des arrêts dans les prochaines années. Les employeurs qui n’anticipent pas ce phénomène subissent une hausse structurelle de leur taux. La visite de mi-carrière (article L.4624-2-1 du Code du travail, obligatoire à 45 ans) et les entretiens professionnels sont des leviers RH précoces souvent sous-utilisés.

Tableau de bord RH : les 6 indicateurs à suivre chaque mois

Un pilotage efficace de l’absentéisme repose sur 6 KPIs mensuels simples à calculer à partir des données SIRH et de paye. Les DRH qui reportent ces indicateurs au CODIR obtiennent en moyenne un engagement plus fort de la direction sur les investissements préventifs.

KPIFormuleSeuil d’alerteAction si dépassé
Taux d’absentéisme global(Heures absence / Heures théoriques) × 100> taux sectoriel + 1 ptDiagnostic par service
Fréquence des arrêts courts (< 8 jours)Nb arrêts < 8 j / Effectif moyen> 2 arrêts/salarié/anEntretiens de retour systématiques
Taux d’arrêts longs (≥ 30 jours)Jours absences longs / Total jours absences> 40 % des joursSuivi médecin du travail + contre-visite
Services les plus touchés (Top 3)Taux d’absentéisme par service2× la moyenne entrepriseAudit RPS / TMS ciblé service
Taux de récidiveSalariés avec ≥ 3 arrêts / an / Effectif> 5 %Contre-visite + entretien RH
Coût annuel estiméJours absences × (salaire journalier brut × 1,42) + coûts remplacement> 3 % de la masse salarialePlan d’action formalisé CODIR
Tableau de bord mensuel de l’absentéisme — 6 KPIs actionnables pour DRH PME-ETI. Seuils indicatifs selon les benchmarks Malakoff Humanis / AYMING 2024-2025.

💡 Conseil pratique

Le KPI le plus sous-utilisé est le taux de récidive. Un salarié avec 4 arrêts courts dans l’année coûte souvent plus cher qu’un salarié avec un seul arrêt de 30 jours, et signal un mal-être au travail latent qui mérite une intervention RH avant l’escalade (burn-out, conflit équipe, désengagement). La contre-visite sur les récidivistes, légalement possible dès le 1ᵉʳ arrêt, est un signal fort et un levier de contrôle pertinent.

9 millions d’arrêts maladie par an : le bouton d’alerte et ce que ça change pour l’employeur

Le gouvernement a officialisé en août 2026 la création d’un bouton d’alerte employeur permettant aux entreprises de signaler directement à la CPAM les arrêts maladie qu’elles estiment suspects. Contexte : selon les données publiques les plus récentes, la France enregistre plus de 9 millions d’arrêts maladie par an, pour un coût estimé à 15 milliards d’euros pour l’Assurance maladie. Ce chiffre inclut une part significative d’arrêts qualifiés d’abusifs ou non justifiés par les services de contrôle.

OutilQui peut l’utiliserDélai de traitementEffet sur le maintien de salaire
Bouton d’alerte CPAM (nouveau)Employeur, via espace en ligneTraitement CPAM sous 15 à 30 jours selon chargeAucun effet immédiat : la CPAM décide de contrôler ou non
Contre-visite médicale patronaleEmployeur, dès le 1er jour d’arrêtMédecin envoyé sous 24 à 72 hSuspension du maintien de salaire possible si arrêt non justifié
Comparatif bouton d’alerte CPAM vs contre-visite médicale patronale — août 2026. Source : ministère du Travail / Ameli.fr.

⚠️ Point de vigilance DRH

Le bouton d’alerte et la contre-visite médicale ne sont pas interchangeables. Le premier délègue le contrôle à la CPAM sans garantie d’action ni calendrier. Le second donne à l’employeur un résultat médical sous 72 h, avec la possibilité de suspendre immédiatement le complément de salaire si l’arrêt est déclaré non justifié. Sur des arrêts longs ou répétés, la contre-visite reste le seul levier avec un effet financier direct et un délai maîtrisé.

LFSS 2026 et plafonnement des arrêts maladie : ce que les employeurs doivent anticiper

La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (LFSS) introduit plusieurs mesures visant à encadrer la durée et les conditions d’indemnisation des arrêts maladie. Ces dispositions concernent directement les obligations de maintien de salaire des employeurs et les calculs d’indemnités journalières (IJSS).

Mesure LFSS 2026Ce qui changeImpact employeur
Plafonnement des IJSS sur arrêts répétésRévision des conditions de calcul pour les salariés avec arrêts fréquentsMécanique de maintien de salaire à recalculer pour les récidivistes
Renforcement des contrôles CPAMPlan gouvernemental 680 000 contrôles/an dès 2026Les arrêts suspects font l’objet d’un suivi CPAM renforcé, en complément possible avec la contre-visite patronale
Arrêts par téléconsultation (art. 83)Conditions strictes pour renouvellement sans présentiel depuis le 1er septembre 2026Nouveau signal de contrôle : un renouvellement par téléconsultation non conforme peut fragiliser l’arrêt
Mesures LFSS 2026 impactant les arrêts maladie — synthèse employeur. Sources : PLFSS 2025 art. 83, plan gouvernemental arrêts maladie (août 2026).

💡 Recommandation pratique

Avant la fin 2026, vérifiez avec votre service RH ou gestionnaire de paye : (1) que vos calculs de maintien de salaire intègrent les nouvelles règles LFSS pour les arrêts répétés, (2) que vos contrats de travail et accords collectifs ne prévoient pas un maintien au-delà des minima légaux sur des durées concernées par le plafonnement. Pour les arrêts qui restent suspects malgré ces changements, la contre-visite médicale patronale s’applique de la même façon : elle n’est pas affectée par la LFSS.

Foire aux questions

Quel est le taux d’absentéisme moyen en France en 2026 ?

Les premières données 2026 disponibles placent le taux du secteur privé à 4,98 % selon l’Observatoire de la performance sociale (Ipsos, 2026), avec 37 % des salariés ayant connu au moins un arrêt dans l’année et une durée moyenne de 21,1 jours par arrêt. Ce chiffre Ipsos mesure l’incidence sur les salariés et diffère de la méthode AYMING / Malakoff Humanis (ratio heures d’absence / heures théoriques), dont les résultats 2026 paraîtront au second semestre. Les deux approches confirment la même tendance structurelle : hausse depuis 2020, avec un poids croissant des arrêts de longue durée (30 jours et plus), notamment chez les cadres et les 25-34 ans.

Comment calculer le taux d’absentéisme de mon entreprise ?

La formule la plus utilisée est : (nombre d’heures d’absence / nombre d’heures théoriques travaillées) × 100. On exclut généralement les congés payés, les RTT, les congés maternité/paternité et les formations. On garde la maladie, les AT-MP, les absences injustifiées. Voir notre guide dédié Calcul du taux d’absentéisme.

Quel est le coût moyen d’un salarié absent pour un employeur ?

Selon les estimations AYMING et Institut Sapiens, le coût total moyen (direct + indirect) se situe entre 3 500 € et 4 700 € par salarié arrêté et par an, avec une part de coûts indirects 2 à 3 fois supérieure aux coûts directs.

Quelles sont les principales causes d’arrêt maladie en France ?

Trois grands blocs concentrent l’essentiel : les troubles musculo-squelettiques (TMS) (~ 30 %), les risques psychosociaux (burn-out, anxiété, dépression, ~ 20-25 %, en forte hausse post-2020) et les maladies infectieuses saisonnières (~ 15-18 %).

L’absentéisme augmente-t-il vraiment depuis 2020 ?

Oui, structurellement. Avant 2020, le taux moyen oscillait autour de 4,5 %. Depuis 2022, il s’est stabilisé entre 5,5 % et 6 %, soit un point haut durable. Trois facteurs explicatifs : vieillissement de la population active, hausse des RPS, recomposition post-Covid du contrat psychologique au travail.

La contre-visite médicale est-elle un levier efficace ?

Oui sur les arrêts suspects ou répétés. Elle agit à deux niveaux : levier direct (suspension du complément si arrêt non justifié) et levier dissuasif (signal collectif que les arrêts sont contrôlés). Les retours d’expérience prestataires montrent un ROI positif dès le 1ᵉʳ contrôle sur les arrêts longs ou suspects. Voir notre guide Coût et ROI d’une contre-visite.

Existe-t-il une obligation légale de réduire l’absentéisme ?

Pas d’obligation chiffrée, mais une obligation générale de protection de la santé et de la sécurité des salariés (article L.4121-1 du Code du travail) qui passe par le DUERP, la prévention des RPS et des TMS. Au-delà d’un certain seuil, l’absentéisme peut devenir un indicateur de mauvaise gestion exposant l’employeur à un risque prud’homal (manquement à l’obligation de sécurité).

Quels secteurs d’activité sont les plus touchés par l’absentéisme en France ?

Le BTP, l’hôtellerie-restauration et le secteur santé-action sociale (EHPAD, hôpitaux) présentent les taux les plus élevés : 7 % à 10 % en 2024, soit deux fois la moyenne du tertiaire de bureau (3,5 % à 5 %). Les causes dominantes sont les TMS dans le BTP et l’industrie, les RPS dans la santé et le tertiaire. Source : AYMING Baromètre 2024, Malakoff Humanis 2025.

Comment l’absentéisme varie-t-il selon la taille de l’entreprise ?

Les PME de 50 à 249 salariés sont paradoxalement les plus exposées : toutes les obligations légales s’appliquent (CSSCT, accord QVT), mais les ressources RH restent limitées. Un taux de 5,5 % à 7 % est observé dans cette tranche, contre 3 % à 4,5 % dans les TPE (où la solidarité de proximité joue) et 5 % à 8 % dans les grandes entreprises (conventions plus généreuses). La contre-visite médicale offre le meilleur ROI relatif dans les PME car chaque arrêt long pèse significativement sur l’organisation.

Quels KPI RH faut-il suivre pour piloter l’absentéisme chaque mois ?

Six indicateurs clés : (1) le taux d’absentéisme global vs benchmark sectoriel, (2) la fréquence des arrêts courts (< 8 jours) : alerte si > 2/salarié/an, (3) la part des arrêts longs (≥ 30 jours) dans les jours d’absence totaux : alerte si > 40 %, (4) le top 3 des services les plus touchés, (5) le taux de récidive (salariés avec ≥ 3 arrêts/an) : alerte si > 5 %, (6) le coût annuel estimé : alerte si > 3 % de la masse salariale. Ces KPIs sont calculables directement depuis les données de paie et le SIRH.

Pour aller plus loin

Le bouton d’alerte CPAM remplace-t-il la contre-visite médicale patronale ?

Non. Le bouton d’alerte (nouveau dispositif gouvernemental août 2026) permet à l’employeur de signaler un arrêt suspect à la CPAM, qui décide ensuite de diligenter ou non un contrôle. Ce mécanisme est lent et sans garantie de résultat pour l’employeur. La contre-visite médicale patronale, en revanche, est déclenchée directement par l’entreprise auprès d’un prestataire agréé : le médecin se déplace sous 24 à 72 h et l’employeur peut suspendre immédiatement le maintien de salaire si l’arrêt n’est pas médicalement justifié. Les deux outils sont complémentaires, pas substituables.

Que change la LFSS 2026 pour le maintien de salaire en cas d’arrêt maladie ?

La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 renforce l’encadrement des indemnités journalières (IJSS) sur les arrêts répétés et prolonge les mesures anti-fraude (plan 680 000 contrôles CPAM, restrictions arrêts par téléconsultation depuis le 1er septembre 2026). Pour l’employeur, l’impact pratique porte sur le calcul du complément de salaire pour les salariés à arrêts fréquents et sur la vigilance renforcée autour des arrêts prescrits par téléconsultation. La contre-visite médicale patronale n’est pas affectée par ces changements : elle reste disponible dès le 1er jour d’arrêt.

Pourquoi les arrêts longs augmentent-ils en 2026 ?

L’Observatoire de la performance sociale 2026 (Ipsos) confirme que les arrêts de longue durée (30 jours et plus) tirent la hausse de l’absentéisme, en particulier chez deux profils inattendus : les cadres et les 25-34 ans. Plusieurs facteurs s’accumulent : épuisement post-Covid dans les secteurs en tension (santé, logistique, commerce), charge mentale amplifiée par le télétravail hybride, maintien en emploi plus long des seniors (réforme retraite 2023) et hausse des affections longue durée (ALD) dans la population active. Pour l’employeur, un arrêt long pèse doublement : désorganisation durable et maintien de salaire étendu. La contre-visite médicale, déclenchable dès le 1ᵉʳ jour d’arrêt, reste le levier de contrôle le plus efficace sur les arrêts suspects dépassant 15 à 20 jours.

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