Qui peut contrôler l’arrêt maladie d’un agent public ?
Dans le secteur privé, l’employeur mandate le médecin contrôleur de son choix (article L. 1226-1 du Code du travail). Dans la fonction publique, la règle est différente : le contrôle est confié à un médecin agréé. La liste de ces médecins est établie dans chaque département par le préfet, sur proposition du directeur général de l’agence régionale de santé, après avis de l’Ordre des médecins. L’agrément est accordé pour trois ans et peut être renouvelé (article 1 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986).
Les collectivités territoriales et les établissements publics de santé choisissent leur médecin dans cette liste préfectorale. Les textes parlent d’« examen par un médecin agréé » pour l’État et l’hospitalière, et de « visite de contrôle » pour la territoriale. Dans l’usage, et sur le site des centres de gestion, on dit toujours contre-visite.
| Versant | Fonctionnaires titulaires | Contractuels de droit public |
|---|---|---|
| État | Décret n° 86-442, art. 25 | Décret n° 86-83, art. 18 |
| Territoriale (communes, CCAS, intercommunalités, départements, régions) | Décret n° 87-602, art. 15 | Décret n° 88-145, art. 12 |
| Hospitalière (centres hospitaliers, EHPAD publics autonomes) | Décret n° 88-386, art. 15 | Décret n° 91-155, art. 16 |
Ce que les textes permettent à l’employeur public
- Contrôler à tout moment pendant un congé de maladie, sans attendre un délai minimal d’arrêt.
- Contrôler obligatoirement au moins une fois lorsque le congé dépasse six mois consécutifs.
- Interrompre le versement de la rémunération si l’agent ne se soumet pas à l’examen. La jurisprudence administrative exige un refus établi : l’employeur doit pouvoir prouver que l’agent a été convoqué de façon certaine.
- Saisir le conseil médical compétent si les conclusions du médecin agréé sont contestées, par l’administration ou par l’agent lui-même.
Les honoraires du médecin agréé et les frais de transport de l’agent examiné sont à la charge de l’administration qui demande le contrôle (article 53 du décret n° 86-442, article 41 du décret n° 87-602). Pour les collectivités affiliées, le centre de gestion peut avancer ces frais puis se faire rembourser selon une convention.
Contre-visite ou contrôle de présence : deux outils depuis le 1er septembre 2026
Le décret n° 2026-705 du 29 juillet 2026 a réécrit les articles de contrôle des trois versants. Il crée aussi un contrôle administratif de la présence de l’agent à son domicile, à ne pas confondre avec la contre-visite. Ces nouvelles règles s’appliquent aux congés qui débutent ou sont prolongés à compter du 1er septembre 2026.
| Contre-visite médicale | Contrôle de présence au domicile | |
|---|---|---|
| Qui | Un médecin agréé | Une personne habilitée par l’administration |
| Ce qui est vérifié | Le bien-fondé médical du congé et l’aptitude à reprendre | La présence de l’agent quand les sorties ne sont pas autorisées, ou pendant les heures de présence obligatoire |
| En cas de refus ou d’absence | Interruption du versement de la rémunération | Interruption de la rémunération jusqu’à la fin de l’arrêt, sauf absence justifiée |
| Textes | Art. 25 (État), 15 (territoriale), 15 (hospitalière) | Art. 36-1 du décret n° 86-442, 26-1 du décret n° 87-602, 25-1 du décret n° 88-386 |
Le contrôle de présence vérifie que l’agent est chez lui. Il ne dit rien du bien-fondé de l’arrêt. Quand le doute porte sur la justification médicale ou sur la date de reprise, c’est la contre-visite qui répond.
Comment se déroule la contre-visite, étape par étape
- Vous décrivez le besoin dans le formulaire ci-dessous : collectivité ou établissement, commune où réside l’agent, date de début du congé, versant. Ni le nom de l’agent ni le motif de l’arrêt à ce stade.
- Nous vous rappelons sous 48 h ouvrées pour vous dire quel médecin agréé de la liste de votre département peut intervenir, et dans quel délai.
- Vous convoquez l’agent par un moyen qui permet de prouver la réception, en précisant la date, l’heure et le lieu de l’examen.
- Le médecin agréé examine l’agent et vous adresse ses conclusions administratives : congé justifié ou non, aptitude à reprendre. Le diagnostic reste couvert par le secret médical (article R. 4127-104 du Code de la santé publique).
- En cas de contestation, l’administration ou l’agent peut saisir le conseil médical compétent.
Après la contre-visite
Si le médecin agréé conclut que l’agent peut reprendre, les centres de gestion recommandent d’adresser à l’agent une mise en demeure écrite de reprendre son service à une date précise. Cette étape relève de la pratique administrative, pas d’un article de décret : faites-la valider par votre service juridique ou votre centre de gestion avant toute retenue. Si l’agent conteste les conclusions, le conseil médical est saisi en formation restreinte.
Indépendamment de la contre-visite, le fonctionnaire doit transmettre son avis d’arrêt dans les 48 heures. Au premier envoi tardif, l’administration l’informe par écrit. Au second envoi tardif dans les 24 mois, la rémunération de la période de retard peut être réduite de moitié, sauf hospitalisation ou impossibilité justifiée d’envoyer l’avis.
Pour le détail des congés (CMO, CLM, CLD), du conseil médical et du jour de carence, consultez notre guide Contrôle arrêt maladie fonctionnaire : règles et spécificités. Vous employez des salariés de droit privé ? La procédure est celle de la contre-visite médicale employeur.
Demander une contre-visite pour un agent public
Indiquez dans le message qu’il s’agit d’un agent public et précisez le versant. Nous vous rappelons sous 48 h ouvrées. Aucun engagement avant votre accord.
Questions fréquentes
Une mairie peut-elle choisir librement le médecin qui contrôle un agent ?
Qui paie la contre-visite d’un agent public ?
Faut-il attendre un certain nombre de jours d’arrêt avant de demander un contrôle ?
Peut-on faire contrôler un agent contractuel ?
L’employeur apprend-il de quoi souffre l’agent ?
Le décret du 29 juillet 2026 change-t-il la contre-visite ?
Avertissement : les informations de cette page ont un caractère général et ne constituent pas un conseil juridique. Pour une situation précise, rapprochez-vous de votre service juridique, de votre centre de gestion ou d’un avocat en droit public.