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DÉCRYPTAGE EMPLOYEUR

Baromètre WTW 2026 : absentéisme à 4,95 %, 4 % des salariés concentrent 61 % des absences

Publié le 7 octobre 2026 · 6 min de lecture

Open space d'entreprise au petit matin avec plusieurs postes inoccupés

Le Baromètre Absentéisme Privé de WTW, publié le 6 octobre 2026, mesure un taux d’absentéisme de 4,95 % en 2025 dans le secteur privé, en hausse pour la deuxième année consécutive. La hausse vient surtout de l’allongement des arrêts : 4 % des salariés, absents plus de 90 jours dans l’année, concentrent à eux seuls 61 % des jours d’absence.

Deux semaines après l’Observatoire Apicil, un second baromètre confirme que l’absentéisme reste installé à un niveau élevé. Son message pour l’employeur est plus précis : le volume d’absence dépend d’abord d’un petit nombre d’arrêts très longs, alors que les arrêts courts, nombreux, pèsent surtout sur l’organisation des équipes.

4,95 % taux d’absentéisme du secteur privé en 2025, en hausse de 1,6 % sur un an
38 jours durée moyenne d’absence sur l’année, deux jours de plus qu’en 2023
61 % part de l’absentéisme due aux 4 % de salariés absents plus de 90 jours

Un taux proche de 5 %, porté par la durée des absences

L’édition 2026 du baromètre repose sur un panel de 3 100 sociétés suivies sur six ans, soit 427 800 équivalents temps plein en 2025, à partir des données de leurs déclarations sociales nominatives (DSN). Le taux atteint 4,95 % en 2025, après une hausse de 3,4 % en 2024 et de 1,6 % en 2025. Il reste sous le pic de 2022 (5,3 %) mais nettement au-dessus des niveaux des années 2010, inférieurs à 4 %. WTW parle d’un « nouveau standard » installé depuis la crise sanitaire.

Ce n’est pas le nombre de salariés arrêtés qui progresse. La prévalence est stable : 34 % des salariés ont été absents au moins une fois dans l’année. La fréquence monte doucement, à 1,74 arrêt par salarié absent. C’est la durée moyenne d’absence qui fait la différence, à 38 jours sur l’année en 2025 contre 36 jours en 2023.

Population Donnée 2025 publiée par WTW Évolution signalée
Ensemble du secteur privé 4,95 % +1,6 % sur un an, deuxième hausse consécutive
Non-cadres 6,23 %, soit 26 % au-dessus de la moyenne Écart stable dans le temps
Cadres 2,65 % +17 % entre 2023 et 2025, seule population au-dessus de ses niveaux de 2020 et 2022
Salariés de plus de 50 ans 26 % au-dessus de la moyenne Écart stable dans le temps
Salariés de moins de 40 ans 4,14 % Environ +10 % entre 2023 et 2025
Femmes 21 % au-dessus de la moyenne ; 37 % absentes au moins une fois, contre 30 % des hommes Écart avec les hommes proche de 40 %, en hausse

4 % des salariés, 61 % des jours d’absence

C’est l’enseignement le plus utile pour un employeur. Parmi les salariés absents, 11 % cumulent plus de 90 jours d’absence dans l’année. Rapportés à l’ensemble des effectifs, ils ne représentent que 4 % des salariés, mais 61 % de l’absentéisme total, une part qui progresse (58 % en 2023). À l’autre bout, 41 % des absents s’arrêtent entre un et sept jours dans l’année. Ces absences comptent peu dans le volume global, mais ce sont elles que les managers ressentent au quotidien, parce qu’elles obligent à réorganiser le travail sans préavis.

Les deux réalités appellent des réponses différentes. Réduire le taux global suppose de travailler sur les arrêts longs : maintien du lien, prévention de la désinsertion, préparation du retour. Les arrêts courts et répétés relèvent davantage de l’organisation, du management et, lorsque l’entreprise verse un complément de salaire et qu’un doute sérieux existe, du contrôle médical.

Responsable RH et manager en entretien autour d'une table près d'une fenêtre
Arrêts longs et arrêts courts répétés ne se traitent pas avec les mêmes outils.

WTW 4,95 %, Apicil 4,68 % : deux baromètres, deux méthodes

Le 24 septembre, l’Observatoire Apicil et JLO annonçait 4,68 % pour 2025. Les deux chiffres ne se contredisent pas : ils ne portent pas sur les mêmes entreprises. Apicil observe son portefeuille de plus de 55 000 entreprises clientes, WTW un panel de 3 100 sociétés suivies dans la durée. Leurs lectures diffèrent aussi : Apicil attribue la hausse à la fréquence des arrêts, WTW à leur durée. Les deux convergent sur un point : les arrêts de plus de 90 jours pèsent pour plus de la moitié de l’absentéisme.

Point de vigilance

Comparer le taux de votre entreprise à 4,95 % ou à 4,68 % n’a de sens que si la méthode est la même : jours calendaires ou ouvrés, périmètre des contrats, prise en compte ou non des accidents du travail et de la maternité. Un baromètre d’assureur ou de conseil reflète son panel, pas une statistique publique. Notre page sur les chiffres de l’absentéisme en France détaille le périmètre de chaque source.

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Comprendre la contre-visite

Cadres, jeunes, femmes : des hausses ciblées

Les cadres restent la catégorie la moins absente, mais leur taux a progressé de 17 % depuis 2023, avec une absence moyenne allongée de 3,5 jours. WTW y voit un signal sur les conditions d’exercice du management. Chez les moins de 40 ans, la hausse atteint environ 10 % sur la même période.

L’édition consacre une analyse à l’absentéisme des femmes. L’écart avec les hommes, proche de 40 %, tient surtout à la prévalence, avec un pic entre 30 et 40 ans. Le baromètre estime que l’absentéisme féminin est majoré de 10 à 15 % dans l’année qui suit une naissance. Il rappelle que l’article L. 4121-3 du Code du travail impose depuis 2014 de tenir compte, dans l’évaluation des risques, de l’impact différencié de l’exposition selon le sexe. Ce travail passe par le document unique.

  1. Mesurer votre propre taux. Calculez-le par métier, âge, sexe et site, en séparant prévalence, fréquence et durée, avec la méthode de calcul du taux d’absentéisme.
  2. Repérer les arrêts longs. Ce sont eux qui font le volume : rendez-vous de liaison, visite de pré-reprise et préparation du retour, selon notre protocole pour un arrêt maladie prolongé.
  3. Analyser les arrêts courts avant d’agir. Des absences répétées dans une équipe signalent souvent un problème d’organisation ou de charge. Le contrôle médical se réserve aux situations de doute sérieux.
À retenir

Selon WTW, l’absentéisme du secteur privé atteint 4,95 % en 2025. La hausse vient de la durée des absences, et 4 % des salariés concentrent 61 % des jours d’absence. Le levier principal est donc le suivi des arrêts longs et du retour au travail, sans négliger l’effet des arrêts courts sur les équipes.

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Sources consultées le 7 octobre 2026 : WTW, Baromètre Absentéisme Privé 2026, communiqué de presse du 6 octobre 2026 (La Défense), reproduit intégralement par Tripalio ; BFM Business, 6 octobre 2026 ; Code du travail, article L. 4121-3.

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