
Le taux d’absentéisme a atteint 4,68 % en 2025 dans les entreprises suivies par le groupe de protection sociale Apicil, contre 4,41 % en 2024. C’est un niveau supérieur au précédent pic de 2022 (4,61 %). La 5e édition de l’Observatoire des arrêts de travail Apicil et JLO, publiée le 24 septembre 2026, montre une hausse tirée par deux extrémités : les arrêts de plus de 90 jours d’un côté, les arrêts de moins de trois jours de l’autre.
Les chiffres clés de l’Observatoire 2026
L’étude porte sur les données de plus de 55 000 entreprises clientes du groupe Apicil, soit plus d’un million de salariés du secteur privé. Il s’agit donc d’un baromètre d’assureur, pas d’une statistique publique : il reflète le portefeuille d’Apicil, mais son volume en fait l’un des repères les plus suivis par les DRH.
Plus d’un quart des salariés ont été arrêtés au moins une fois en 2025 (+0,70 point), et chaque salarié absent l’a été en moyenne 1,90 fois dans l’année, contre 1,83 en 2024. Dans le même temps, la durée moyenne d’un arrêt recule légèrement, de 19,85 à 19,45 jours. Pour Apicil, c’est la fréquence des arrêts, en hausse depuis trois ans, qui fait monter l’absentéisme.
Deux moteurs : les arrêts très courts et les arrêts très longs
La hausse de 0,27 point s’explique d’abord par les arrêts de plus de 90 jours, qui comptent pour 0,21 point à eux seuls. Ces arrêts longs pèsent désormais plus de la moitié du taux d’absentéisme, et les arrêts de plus de 30 jours près des trois quarts. Selon la cellule médicale d’Apicil, 42,75 % des arrêts de plus de 30 jours sont liés à des troubles psychiques (+2,92 points) et 30,54 % à des troubles musculosquelettiques.
À l’autre bout, le micro-absentéisme continue de progresser : la part des arrêts de moins de trois jours gagne 1,63 point en un an et a augmenté de plus de 70 % depuis 2022. Ces arrêts pèsent peu dans le taux, mais ils désorganisent les équipes et, selon les accords applicables dans l’entreprise, ils peuvent coûter directement à l’employeur.

| Indicateur | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Taux d’absentéisme | 4,41 % | 4,68 % |
| Salariés arrêtés au moins une fois | 26,98 % | 27,68 % |
| Nombre moyen d’arrêts par salarié absent | 1,83 | 1,90 |
| Durée moyenne d’un arrêt | 19,85 jours | 19,45 jours |
| Part des arrêts de moins de 3 jours | 21,92 % | 23,55 % |
| Part des temps partiels thérapeutiques parmi les motifs | 3,46 % | 4,57 % |
Qui est le plus touché
Les écarts restent marqués. Le taux atteint 6,52 % chez les ouvriers contre 2,52 % chez les cadres, 5,92 % chez les 60 ans et plus contre 3,54 % chez les moins de 30 ans, 5,60 % chez les femmes contre 3,76 % chez les hommes, et 4,97 % en CDI contre 1,99 % en CDD. Par secteur, la santé reste en tête (7,22 %), devant l’économie sociale (6,28 %) et la filière alimentaire et agricole (5,95 %). Pour situer votre propre entreprise, encore faut-il calculer votre taux d’absentéisme selon la même méthode.
Autre fait marquant : le temps partiel thérapeutique devient le deuxième motif d’arrêt (4,57 %, soit +32 % en proportion), devant les accidents du travail (4,41 %). Il est plus fréquent mais plus court, avec une durée moyenne de 35,99 jours contre 44,15 jours en 2024. La maladie reste de très loin le premier motif, avec 90,03 % des arrêts.
Un baromètre national ne dit rien de vos propres chiffres. Avant de réagir à la hausse, comparez votre taux à celui de votre secteur et de votre pyramide des âges, et distinguez la fréquence de la durée : un taux qui monte à cause de quelques arrêts longs ne se traite pas comme une multiplication d’arrêts courts.
Ce que l’employeur peut en tirer
Ce baromètre paraît alors que le gouvernement cherche 2 milliards d’euros d’économies sur les arrêts maladie et que le Medef propose d’interdire l’indemnisation des jours de carence. Sans attendre l’issue de ces débats, trois actions répondent directement aux deux moteurs identifiés.
- Séparer arrêts courts et arrêts longs dans vos données. Isolez le nombre d’arrêts de moins de trois jours, leur répétition par salarié et le coût de maintien de salaire associé. C’est la base d’un plan d’action absentéisme utile.
- Anticiper le retour des arrêts longs. Pour un arrêt de plus de 30 jours, le Code du travail prévoit le rendez-vous de liaison et la visite de préreprise avec la médecine du travail. Ces outils préparent le maintien dans l’emploi, y compris par un temps partiel thérapeutique.
- Vérifier les arrêts que vous indemnisez. Lorsque l’entreprise verse un complément de salaire, elle peut faire vérifier le bien-fondé d’un arrêt par un médecin contrôleur mandaté par l’employeur, dans le respect des règles de la contre-visite.
L’absentéisme a battu un record en 2025 dans le portefeuille Apicil, à 4,68 %. La hausse vient des arrêts de plus de 90 jours et d’une fréquence d’arrêts en progression continue, dont près d’un arrêt sur quatre dure moins de trois jours. Pour une vue d’ensemble des sources disponibles, consultez nos chiffres de l’absentéisme en France.
Sources : Groupe Apicil et Groupe JLO, Observatoire des arrêts de travail, 5e édition, communiqué du 24 septembre 2026, données 2025 (groupe-apicil.com ; communiqué reproduit par Tripalio) · CNews, 24 septembre 2026 · Code du travail, articles L. 1226-1 (maintien de salaire), L. 1226-1-3 (rendez-vous de liaison) et R. 4624-29 (visite de préreprise)
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