En bref
- Un arrêt longue durée dépasse 6 mois et impose des obligations spécifiques à l’employeur
- Le contrat de travail est suspendu, pas rompu : le poste doit être préservé
- La visite de reprise est obligatoire dans les 8 jours suivant le retour
- En cas d’impossibilité de reprise, la procédure d’inaptitude peut être engagée
Ce que change un arrêt de longue durée
Un arrêt maladie de longue durée (généralement au-delà de 6 mois) modifie significativement la relation employeur-salarié. Si le contrat reste en vigueur, les conséquences organisationnelles et financières deviennent lourdes : remplacement temporaire, réorganisation des équipes, maintien de salaire selon la convention collective.
Pour l’entreprise, la question centrale est : comment concilier continuité de l’activité et respect des droits du salarié ? La réponse passe par une gestion rigoureuse, étape par étape.
Vos obligations pendant l’arrêt
Pendant toute la durée de l’arrêt, vous devez maintenir le contrat de travail. Concrètement, cela signifie que le poste du salarié (ou un poste équivalent) doit rester disponible. Vous ne pouvez pas le supprimer ni le pourvoir de manière définitive.
| Obligation | Détail | Durée |
|---|---|---|
| Maintien de salaire | Compléments aux IJSS selon convention | 30 à 90 jours selon ancienneté |
| Mutuelle | Maintien de la couverture complémentaire | Toute la durée de l’arrêt |
| Prévoyance | Relais des IJSS par la prévoyance collective | Selon contrat de prévoyance |
| Congés payés | Acquisition maintenue (loi du 22/04/2024) | Toute la durée de l’arrêt |

Le remplacement du salarié absent
Vous pouvez recruter un CDD de remplacement (article L.1242-2 du Code du travail). Le contrat doit mentionner le nom du salarié remplacé et son motif d’absence. Il prend fin automatiquement au retour du titulaire, avec un délai de prévenance raisonnable.
En cas d’arrêt très long, certaines entreprises optent pour l’intérim ou la redistribution interne des tâches. Cette dernière option, si elle est mal gérée, peut entraîner une surcharge des équipes et alimenter le cercle vicieux de l’absentéisme.
La visite de reprise : étape obligatoire
Après un arrêt de plus de 30 jours (60 jours pour les arrêts non professionnels depuis le 1er avril 2022), la visite de reprise auprès du médecin du travail est obligatoire. Elle doit être organisée dans les 8 jours calendaires suivant la reprise effective.
Point essentiel
Sans visite de reprise, le contrat de travail reste juridiquement suspendu. En cas d’accident sur le lieu de travail avant cette visite, votre responsabilité pourrait être engagée.
Quand l’inaptitude se profile
Si le médecin du travail constate que le salarié ne peut pas reprendre son poste, il peut rendre un avis d’inaptitude. Cela déclenche votre obligation de reclassement, puis éventuellement une procédure de licenciement pour inaptitude.

Le contrôle médical patronal
Face à un arrêt qui se prolonge, la contre-visite médicale reste votre levier principal. Elle est d’autant plus pertinente sur les arrêts longs, où le coût cumulé du maintien de salaire peut dépasser plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Peut-on licencier pendant un arrêt longue durée ?
Oui, mais uniquement si l’absence prolongée désorganise l’entreprise ET nécessite un remplacement définitif. La maladie elle-même ne peut jamais être le motif du licenciement.
Le salarié acquiert-il des congés pendant l’arrêt ?
Oui. Depuis la loi du 22 avril 2024, le salarié en arrêt maladie continue d’acquérir des congés payés, à hauteur de 2 jours ouvrables par mois (contre 2,5 en temps normal).
La visite de pré-reprise est-elle obligatoire ?
Elle n’est pas obligatoire mais fortement recommandée pour les arrêts de plus de 30 jours. Elle permet d’anticiper les aménagements de poste nécessaires.